Presse — Notes de lecture

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Aqabat Jaber, une paix sans le retour / Jérusalem, le syndrome borderline, deux films de Sivan

1995 — Auteure : Simone Bitton — Source : Revue d'études palestiniennes, n°57, printemps 1995 — Français
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Eyal Sivan, qui est israélien et à qui l'on doit déjà plusieurs films fort intéressants, vient d'achever coup sur coup Aqabat Jaber, Une paix sans retour et Jérusalem, Le syndrome borderline. Ces deux films, récemment diffusés sur Arte, sont réalisés dans des styles si différents qu'il est a priori difficile d'y voir une continuité de propos. On devine cependant que Sivan a voulu former un diptyque provocateur, en abordant parallèlement deux des thèmes les plus occultés des actuelles négociations de paix : le problème des réfugiés et la question de Jérusalem.

Simple et dépouillé, le film de Sivan sur Aqabat Jaber dresse un constat terrible, presque clinique, de la perpétuation du sentiment de perte et de honte du réfugié. Quant à Jérusalem, Le syndrome borderline, c'est un film impressionniste, presque baroque, qui dresse un constat très rude des données psychologiques de base de la question de Jérusalem : « l'hystérie tribale qui risque à tout instant de faire exploser la poudrière de Jérusalem y est donnée à l'état brut. Sivan ne verse pas dans la facilité du renvoi dos à dos des "extrémistes des deux camps". Pour lui l'intégrisme a un camp, et ce n'est pas celui qu'on croit. »

Ce que Sivan semble vouloir dire dans ce film dérangeant, conclut Simone Bitton, c'est que si Jérusalem devait à nouveau être consumée par le feu et les larmes, la responsabilité en incomberait aux derniers conquérants en date, ceux qui détiennent la force et imposent leurs mythes à l'occupé.

Source : Simone Bitton, « Aqabat Jaber, une paix sans le retour / Jérusalem, le syndrome borderline, deux films de Sivan », Notes de lecture, Revue d'études palestiniennes, n°57, printemps 1995, p. 111-113.