Essai du poète, écrivain et universitaire Sami Shalom Chetrit, publié dans les Cahiers du cinéma sud (מחברות קולנוע דרום), consacré à Route 181, fragments d'un voyage en Palestine-Israël de Michel Khleifi et Eyal Sivan. Partant d'un échange avec une étudiante qui qualifiait le film et son enseignant d'« anti-israéliens », Chetrit interroge longuement ce que recouvre l'accusation d'« anti-israélité » — et son symétrique supposé, le « pro-israélisme » — pour montrer combien la catégorie même d'un « nous » israélien unifié est introuvable, tant les clivages ethniques, religieux et de classe la traversent. Il salue la galerie de personnages ordinaires que Khleifi et Sivan font parler le long de la ligne de la résolution 181 de l'ONU, et voit dans le film moins un plaidoyer « pro-palestinien » qu'un miroir tendu à la société israélienne, l'invitant à sortir du récit qui la présente comme éternelle victime pour affronter, sans déni ni ressentiment, l'histoire de la conquête, de l'expulsion et de la dépossession.
Source : Sami Shalom Chetrit, « מראה מראה שעל הקיר, האם יש בארץ קורבן גדול ממני? הערות אחדות בעקבות המסע בדרך 181 » (« Miroir, mon beau miroir, y a-t-il dans ce pays plus grande victime que moi ? Quelques notes après le voyage sur la Route 181 »), מחברות קולנוע דרום (Cahiers du cinéma sud), 2007, p. 47-50 (texte intégral en hébreu).