Entretien accordé au quotidien allemand die tageszeitung à l'occasion d'une soirée-débat sur l'exil et la migration à la Volksbühne de Berlin. Eyal Sivan y développe une distinction entre le réfugié — contraint de fuir des persécutions ou des crimes politiques — et le migrant, qui prend son destin en main, et critique la représentation misérabiliste de l'« autre » comme éternelle victime, fondée selon lui sur une culture judéo-chrétienne de la pitié plutôt que sur la responsabilité politique. Il revient sur la réflexivité de ses propres films — la présence de la caméra toujours signalée à l'image — à travers les exemples d'Aqabat-Jaber, vie de passage, d'Aqabat-Jaber, la paix sans retour ? et d'Itsembatsemba, Rwanda, un génocide de plus, ainsi que sur les enjeux de temporalité et de mise en scène du réfugié qui attend son propre retour.
« Migration ist ausgesprochen Heroisches: Man nimmt sein Schicksal in die eigene Hand. »
Source : Cristina Nord, « Migration ist ausgesprochen heroisch », die tageszeitung, 21.10.2002, p. 15.