Critique de Denis Sieffert pour Politis, consacrée à Un État commun, entre le Jourdain et la mer (La Fabrique, 2012), petit essai coécrit par l'éditeur Éric Hazan et Eyal Sivan. Sieffert retrace la généalogie de l'hypothèse d'un État commun partagé entre Juifs et Arabes, avancée dès 1926 par l'organisation sioniste Brit Shalom (Gershom Scholem, Martin Buber, Hannah Arendt), et résume la thèse des deux auteurs : la « solution à deux États », qui n'a jamais abouti depuis sa formulation en 1937, fonctionne en réalité comme un « discours de guerre drapé dans une rhétorique de paix » qui permet à Israël de préserver une unité de façade tout en intensifiant la colonisation, et à l'Autorité palestinienne de pratiquer une politique économique favorable à une « bourgeoisie affairiste ». Il salue le mérite du livre — replacer la question binationale au cœur du débat — tout en s'interrogeant sur les moyens concrets d'atteindre cet État commun.
Source : Denis Sieffert, « Oser repenser le conflit israélo-palestinien », Politis n°1204, 24-30 mai 2012, p. 30-31.